Armons nos enfants contre le harcèlement

5 à 10% des élèves sont victimes de harcèlement en Suisse. Des chiffres qui donnent le tournis. Qui  me donne le tournis. Oui, c’est une de mes craintes. Non je ne suis pas une flippée, je suis en alerte. Ne sait-on jamais. Et là, je fais ma maline, mes enfants sont petits. Cela se passe dans la cour de récréation et non sur les réseaux sociaux. Mais tout de même…

La cour de récréation.

Je ne m’en souviens pas ou par bribes, c’est que ça date, n’est-ce pas; La cour de récréation. Je me souviens avoir joué à me marier. A être bioman. Ben oui c’était la base Bioman! Vous pas? Je me souviens avoir eu mes premiers flirts cachés derrière le garage à vélo. Je me souviens adolescente, avoir été envieuse des filles populaires et sveltes, moi qui avais les cheveux courts et des formes. Mais curieusement, aucun souvenir de vrais mauvais moments, ni des enjeux qu’ils s’y jouaient. Heureusement. Pourtant j’aimerais revenir en arrière et me souvenir. Me rappeler des codes de la cour d’école. Me souvenir. Cela m’aiderait aujourd’hui dans mon rôle de maman, pour trouver les mots justes. Je réagirais de manière adéquate. Parce que c’est ce qu’on veut tous, être de bons parents pour  nos enfants. Alors, je vous invite à faire un petit tour d’horizon de ce que j’ai appris récemment.

Te laisse-pas faire!

Depuis quelque temps un de mes enfants (dont je tairai le prénom) a, à choix, soit mal au ventre tous les dimanches soirs soit des maux de tête tous les matins avant le départ à l’école.  Quand il rentre, il est colérique et frappe facilement ses frères et soeurs. De quoi me rendre attentive, lui qui  normalement est plutôt doux et conciliant. Puis, il y a eu des hématomes, des égratignures, un poignet tordu, des gestes déplacés, des moqueries. Et un matin, il n’a pas voulu aller à l’école. Heureusement, il s’est confié. Et comme toujours, j’ai eu envie de faire juste, tout de suite. J’avoue, je n’aime pas me tromper. J’ai donc écouté. J’ai réprimé mes envies de traiter le protagoniste de noms d’oiseaux, d’aller m’expliquer directement avec lui, j’ai réprimé mon instinct de mère protectrice. J’ai écouté. Longtemps.  Je sais qu’il ne faut pas nier l’importance de ce qui se passe. Je sais que ce ne sont pas des enfantillages. Je sais qu’il faut écouter et ne pas résoudre à leur place. Mais. J’avais oublié un détail.  C’était un de mes enfants qui vivait cela. La chair de ma chair. Même si je savais tout ce que je savais, j’avais envie de prendre mon autorité d’adulte et de mettre une giffle un stop à toute cette histoire. J’avais envie de protéger mon enfant.#wonderwoman #mèrepoule

A la place, j’ai respiré. Je l’ai pris dans mes bras. Et nous avons essayé de lui donner la force de l’affronter. Malgré ce que nous lui avions appris depuis tout petit, il avait le droit de frapper. La ou ça fait mal. Je n’étais pas très convaincue mais vu que le dialogue ne semblait pas suffire, autant montrer qui est le plus fort. Le soir, il y a eu entrainement bagarre générale dans le salon, en famille. Le lendemain matin, il est parti plein de confiance, après le petit déjeuner. A son retour, contre toute attente, il m’a rétorqué

« C’était pourrie ton idée, j’ai été puni et en plus, il a dit ne pas avoir eu mal! ».

En effet, lorsqu’ il s’est défendu, une des maîtresses présente dans la cour l’aurait réprimandé, lui.  Quelle gourde, celle-là! Bref, ma solution n’en était pas une.

harcelement

Quelques conseils pour s’en sortir

Comment réagir?

Alors a tête reposée, j’ai réfléchis et je me suis documentée. J’ai trouvé plein d’articles intéressants dont un livre génial. Mais celui que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui, c’est cette intervention d’Emmanuelle Piquet au TEDxParis en 2013. Si vous avez le temps de la regarder, elle en vaut la peine. Vous la trouverez en bas de l’article. Emmanuelle Piquet, c’est une psychopraticienne, licenciée en psychologie. C’est la fondatrice de chagrin scolaire, un centre de consultations et de formations dédié aux souffrances scolaires . Elle est aussi auteure du livre que je vous conseille en bas de l’article et accessoirement maman de 4 enfants ( je dis ça je dis rien ;-)) . Elle sait donc de quoi elle parle.

Voici ci-dessous ce que je retiens après mes recherches sur le sujet:

  1. Il ne faut pas intervenir, les problèmes se règlent d’abord entre enfants.  Dès la 3ème année, Emmanuelle Piquet nous dit que lorsqu’un enfant déroge à cette règle, il perd considérablement de sa « popularité » On fait donc plus de dégâts, qu’on ne pense. On ne connaît plus les codes donc on s’abstient. Si vraiment, la situation demande une intervention, il est essentiel de demander ce qu’en pense votre enfant. Est- ce qu’il est d’accord que vous intervenez ? Comment ?
  2. Il faut éviter de stigmatiser nos enfants en victimes et leur donner des moyens pour se défendre. Il faut croire en leur capacité. Faire confiance. (ce mot revient souvent  depuis que j’apprends à être mère, c’est le grand copain de lâcher prise!) . Bref croire en leur capacité à ne plus être vulnérable.
  3. Nous le faisons déjà, mais il est bon de se le rappeler.  On ne force pas son enfant à bien s’entendre avec tel et tel parce que machin a été invité à un anniversaire ou que machin à X copains et pas lui. L’amitié ne se commande pas. C’est comme l’amour.
  4. On ne projette pas son passé, ses mauvais souvenirs, ses craintes ou ses peurs sur ses enfants. On va voir un psy et on règle ça une fois pour toutes. C’est son histoire, pas la nôtre.
  5. On ne juge et on ne le dévalorise pas. Il faut qu’il se sente en confiance pour exprimer ses sentiments et se confier
  6. Ne pas agir sans son consentement car souvent les enfants ou adolescents ont peur de se confier par peur que justement qu’on intervienne.
  7. Trouver des solutions à deux. De formuler des flèches. Par exemples, lorsque un enfant se moque du physique d’une fille, elle pourrait rétorquer.  » je suis grosse, je peux maigrir mais toi avec ton cerveau, je ne vois pas bien ce que tu peux faire.! » ( extrait interview Mme Piquet)
  8. Il n’existe pas de profil type, comme le relève Emmanuelle Piquet. Ce n’est pas parce qu’il est gros, qu’il porte des lunettes, qu’il a des taches de rousseurs, qu’il est petit,  ou que sais-je. Rassurons-nous ( ou pas) donc. C’est juste une vulnérabilité à un instant T.

Comment armer nos enfants?

En lui parlant et en l’aidant à trouver la force qui est en lui. #yoda . En discutant de l’agresseur, vous allez forcément trouver son talon d’Achille et ainsi , comme le dit Emmanuelle Piquet (oui oui c’est devenu mon gourou!), pouvoir fabriquer une flèche capable de lui clouer le bec.

Les signes

Comment savoir si quelque chose ne va pas? Tous les enfants ne se confient pas. Parfois, ils en deviennent même mutique.Voici quelques signes qui pourraient vous alerter:

  • le changement de comportement à la maison.Des enfants habituellement plutôt doux deviennent colériques, moins sympa avec leur famille. C’est normal, ils déchargent leur émotion dans un environnement sécuritaire, sans risques, la maison, en somme. Ou alors il vous évite.
  • Des symptômes physiques; maux de ventres, maux de têtes le dimanche soir ou les matins avant l’école
  • Les notes en baissent
  • Le mutisme

Et nous dans tous ça….

En ce qui nous concerne, nous l’avons trouvé, cette arme verbale. Depuis, mon coeur de maman est ravie de vous annoncer qu’il ne se passe plus rien. Peut-être parce qu’il a pris de l’assurance face à son agresseur, peut-être parce que la flèche à fait mouche. Peu importe. Cet évènement nous a rendu plus fort tous les deux. Nous avons appris de nouvelles compétences. Et c’est aussi cela être parents, c’est apprendre chaque jour.

TATOUT, enfants et ados.

Mais en attendant, nous allons rester vigilants et pour obtenir de bons outils, je me suis renseignée. J’ai découvert, une super école d’auto-protection et de prise de confiance en soi, ici en Suisse. Elle propose des cours pour les enfants, pour les adultes et pour les enseignants. Franchement, je vais nous y inscrire et je vous partagerai mon  impression si vous en avez envie. Je vous met un extrait de leur site internet, ci-dessous.

L’enseignement des cours TATOUT pour enfants et adolescent-e-s est adapté en fonction des groupes d’âge (4 à 7 ans, 6 à 11 ans, 10 à 14 ans, plus de 15 ans). Les cours s’adressent aussi aux parents et aux enseignants.

TATOUT propose des ateliers de sensibilisation et des cours d’introduction que les plus jeunes suivent avec leurs parents. Il est possible d’organiser ces stages pour un groupe intéressé (APE, écoles privées, groupes de parents, etc.) TATOUT intervient aussi régulièrement dans les écoles, propose des conférences interactives pour parents et enseignant-e-s ainsi que des cours spéciaux, par exemple des cours pour enfants avec handicaps, des cours en institution, ainsi que des cours privés.

*** OFFRE***

Si vous êtes intéressé, j’ai le plaisir de vous annoncer, qu’il offre un rabais de 5% sur les cours de bases ( cours le week-end pour enfants dès 6 ans) aux lecteurs du blog, avec le code « Thérèse and the kids ». Si cela vous interpelle ou vous intéresse, je vous encourage vivement à les contacter.

D’ici là, ranger vos poings de parents, serrez-les dans vos bras et

prenez soin de vous!


Liens utiles:

Pour aller plus loin, voici deux articles, ici et ici.

Lecture pour les enfants : Lili est harcelée à l’école , Je me défends du harcèlement.

Mon nouveau livre de chevet: Te laisse pas faire, Emmanuelle Piquet.

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