La césarienne

Je ne sais pas ce qui m’a pris d’écrire cet article. J’ai longtemps hésité à le publier parce qu’il traite de mon intimité. Et puis j’ai entendu une discussion à la place de jeux.  Deux femmes parlaient d’une amie commune ayant choisi la facilité en prévoyant une césarienne de confort. Hum. Je ne sais pas ce qui m’a le plus mis en colère; le fait que le terme de « confort »  ou  facilité soit associé au mot césarienne, ou alors que j’aurais pu être cette femme au jugement hâtif. Du coup, je me suis dit, il est temps. Je suis passé au-dessus de ma crainte d’être juger et j’ai écris.

Un sentiment d’échec

Césarienne de confort. (lorsqu’une femme enceinte choisit d’accoucher par césarienne pour des raisons non médicales telles que la peur, la croyance etc) On devrait interdire cette association. Même si dans ce cas précis, c’est un choix émanant de la femme, l’acte en lui même ne change pas. Il ne diffère pas d’une césarienne en urgence ou programmée pour des raisons médicales. Cela n’a rien d’un confort.  On nous fait une anesthésie, parfois même générale. On incise la peau. On écarte les muscles abdominaux, on passe au travers le péritoine ( la membrane qui entoure les viscères) et ensuite on ouvre l’utérus (les techniques récentes consistent à ouvrir l’utérus avec un bistouri sur 2 cm, puis à déchirer à la main le muscle) et ensuite le chirurgien sort le bébé.  C’est un acte chirurgical.

4 enfants en 6 ans. 3 césariennes. Une en urgence, deux programmées et un accouchement voie basse (comme on dit dans le jargon) entre deux césariennes. (Oui c’est possible.)La césarienne je connais. L’accouchement voie basse, aussi.

Je ne vais pas dresser un tableau des plus et des moins de l’un ou de l’autre. J’ai des amies qui ont eu des accouchements voie basse fabuleux (oui ça existe)  et des césariennes géniales (oui ça existe aussi ). Ces femmes là, en principe, elles n’ont pas de sentiment d’échec; elles n’ont pas cette impression qu’on nous a dérobé notre corps, que celui-ci nous a abandonné, qu’il n’a pas fais son job, ni cette difficulté à se sentir mère après.

J’écris donc pour toutes les autres. Toutes celles qui ont eu les mêmes sentiments que moi et qui ont du mal à passer à travers. J’écris pour leur entourage,  pour qu’ils imaginent un instant être à leur place; qu’ enfin cela n’a rien de facile.

Mon premier accouchement

Le 24 décembre 2009, suite à de fortes contractions, j’entre en salle d’accouchement. Ce jour je l’ai attendu. Rêvé. Je suis à 3 jours de retard. Je suis impatiente. C’est mon premier accouchement, je ne me fais pas d’illusion. Je sais que cela va prendre du temps. J’ai la tête plein de belles images. Je l’imagine sur moi pour la première tétée. Je patiente. Je souffre. Je l’imagine naître peut-être dans l’eau. Je souffre. Je l’imagine venir en douceur. On m’annonce qu’elle regarde les étoiles. Je vais donc accoucher par les reins. J’accepte la péridurale, malgré ma réticence, malgré mon envie de pouvoir bouger, malgré mon plan de naissance que j’avais pris le temps de préparer des semaines en avance. La réalité est parfois si différente.Je dois lâcher prise.  Je souffre. Je suis couchée. Je ne sens que très peu mes jambes. Je vomis. Je ne contrôle rien. La péridurale ne marche que d’un côté. Je souffre. Après plusieurs heures sans progression, on m’informe très rapidement, que le bébé est en souffrance. Il faut partir au bloc. Il faut faire une césarienne.  Il faut que je signe ce papier. Vite. Me déshabiller. Vite. Une césarienne. Non!

Je traverse un long couloir sur le lit. Les infirmiers courent. »Ou est mon mari? » Je me retrouve dans une salle froide. Je suis nue avec juste une charlotte sur la tête #glamour. Je suis en croix, mes mains sont attachées. Ils installent un drap pour me boucher la vue. Je grelotte. Je tremble. Il parait que c’est normal. Je ne peux pas me contrôler. Mon mari est là. « Regarde, on dirait George Clooney » La lumière de la salle d’opération m’éblouie. Tiens la vitre de la lampe d’opération fait miroir. Oh, j’arrive à distinguer quelque chose. Détourne le regard !  J’ai envie de pleurer mais je tiens bon. « Ne pleurez pas Madame, vous allez devenir maman ». Je donne la vie, là? Non? Oui. Non. Je ne sais plus.  Je ne compte plus le nombre de personnes qu’il y a dans la salle, autour de moi. Trop. Heureusement, il y a le regard bienveillant de mon mari. Il me rassure. Il essaie. J’ai peur. Personne ne nous prépare à ça. Je ne fais rien. Je suis une pâte molle. On me secoue. Ils me tirent. Je sens qu’on me presse le ventre.Fort.

Un cri. « C’est une petite nana! »

césarienne thereseandthekids acocuchement

Elle est là. Elle essaie de pleurer. On me la montre. Vite, elle repart. Et moi je suis là. Toujours en croix. Mes mains sont attachées. Mon mari n’est plus là- je suis seule. J’essaie de sourire mais je pleure, je tremble. J’ai envie de vomir. J’ai des spasmes. Les chirurgiens essaient de faire vite mais je trouve le temps trop long. « Soyez rassurée, elle va bien ». Et moi, je vais comment?

C’est  Noël. Non?

Mon mari revient. Il l’a tient dans ses bras. Comme j’aimerais être à sa place. Juste le temps de lui faire un bisou et déjà il repart pour le peau à peau. Je suis à nouveau seule. 9 mois dans mon ventre. 9 mois à attendre. 9 mois à imaginer cette rencontre. 15 heures à souffrir. Et elle n’est déjà plus avec moi.

Une fois recousue, on me nettoie. Là-bas en bas, derrière le drap. Je ne peux pas bouger. On me change de lit. Ils s’y mettent à plusieurs. J’ai l’impression d’être une baleine échouée. On me couvre de plusieurs couches de duvets et on me déplace en salle de réveil ou là je vais attendre que l’effet de l’anesthésie s’en aille. Je n’ai qu’une envie, être avec eux. J’ai l’impression de m’être perdue en route. J’essaie de bouger les orteils. Je n’y arrive pas. Je ne sens plus rien. Et dire qu’il y a 24 heures, mon corps était intact. Aucune opération. Je ne veux pas de ses souvenirs. Tous les 15 minutes, je vais harceler les infirmiers pour qu’ils me remontent . Allez c’est Noël. Enfin, presque.

2 heures plus tard, je remonte en chambre. J’ai le droit de sentir sa peau contre la mienne. De voir ses yeux, de pleurer. Est-ce vraiment la mienne? Je suis maman. Vraiment? Toute la nuit, on va venir me faire des piqûres dans les jambes. Je ne voulais pas d’épisiotomie. Paraît que « j’ai de la chance » comme me dit l’infirmière de garde. On ne m’ a pas coupé. Pas là. Ma cicatrice je n’ose pas la regarder.Elle me fait mal. Mon corps n’est que courbatures. Mon ventre est flasque. Vide. Comme moi. Je dors que très peu.

Par fierté, j’essaie de me lever le lendemain matin à la première heure. Ca tire, j’ai l’impression qu’on m’arrache les entrailles. Je demande de la morphine. Encore. Encore plus de morphine. Je veux me lever. Je ne veux plus de cette sonde urinaire. Je veux pouvoir m’occuper de mon bébé. Seule. Comme les autres.

Avec une césarienne, au moins tu ne souffres pas!

Il est 9h30, je me lève seule. Je vais aux toilettes. Comment faire ? Est-ce que cela va casser si …? Est-ce que je peux dire que j’ai accouché? Je ne peux pas cogiter, les visites se suivent, les jours passent, ma fille a faim et la montée de lait tarde (conséquence de la césarienne). Je dois apprendre tant de choses et je ne trouve pas de réconfort.

« Avec une césarienne, au moins on ne souffre pas »,  « Au moins bébé a la tête bien ronde pas en pain de sucre », « Arrête de te plaindre, tu n’as pas accouché, ils sont allés le chercher », « Heureusement ton mari t’a pas vu souffrir », « L’important était qu’ils soit en bonne santé », « Tu ne pouvais pas rêver mieux comme cadeau de Noël! »

Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que j’ose me confier à mon mari. On m’a arraché mon bébé. Voler mon accouchement.  Tout était allé si vite. Oui, fallait que je me raisonne, elle était en danger. Oui c’était mieux que de mourir en couche. Oui. Non. Moi,  je me sentais morte à l’intérieur. Je me sentais incapable, moins que rien.  Je m’en voulais de ne pas avoir pensé à la césarienne. Je ne touchais plus mon ventre, ni ma cicatrice. A son premier anniversaire, j’ai pleuré. Je ne me souvenais que des mauvais moments. Le plus beau jour de ma vie, tu repasseras.

Ce ressenti va me poursuivre jusqu’à ma prochaine grossesse. Il était donc essentiel pour ma santé mentale que je vive un accouchement naturel.

Césarienne

En août 2011, après discussion et mesure de ma cicatrice, j’ai le droit de tenter un accouchement voie basse. Oui c’est possible. Je n’étais pas spectatrice mais actrice. J’ai souffert. Beaucoup. J’ai même eu droit aux forceps. Youpiiiie. « Allez Madame, vous vouliez accoucher par voie basse? non?  » #zéroempathie. Tout de suite après, il était vers moi . Il est resté là à me regarder sur moi. Son petit corps tout nu. La nuit, on nous a laissé tranquille. Le lendemain, je me levais, accomplie. Je me suis réconciliée avec ce corps qui m’avais lâché 18 mois plus tôt. Je me sentais femme. Totalement.

A mon sourire en bas du ventre

En mai 2013 et en novembre 2015, mes grossesses se sont terminés par des accouchements par césarienne.Encore. J’ai dû les accepter avec la peur de revivre ce sentiment d’arrachement. Aux deux grossesses les bébés se présentaient en siège. Malédiction? J’ai bien sûr tout tenté pour les retourner. J’ai pris des séances de shiatsu. Fais le secret. Le poirier. Mais surtout, j’ai imaginé le jour de l’intervention dans les moindres détails.  Le jour J,  je connaissais le déroulement. J’avais exigé qu’on me détache les mains pour pouvoir le prendre dans mes bras et qu’on m’administre un relaxant.  Cela n’a pas enlevé la froideur de la salle d’opération, les blagues des anesthésistes qui pensent détendre l’atmosphère, le nombre de spectateurs, la nudité, la soumission de la position en croix, les vomissements le ventre ouvert, la peur, le sentiment de solitude pendant 2 longues heures, la tachycardie, les insuffisances respiratoires des nouveaux-nés, la douleur, les complications. Par contre, j’arrive  à qualifier cet acte chirurgical comme un accouchement.

Car oui, j’avais accouché.  4 fois. Toutes différentes. Toutes uniques. Toutes inoubliables. Toutes douloureuses. Physiquement. Psychologiquement. J’avais donné la vie au même titre que celle qui reste en salle de naissance, au même titre que celle qui accouche dans l’eau, au même titre que celle qui accouche à vitesse grand V dans un taxi. Mais rien à voir avec du confort ou de la facilité. J’avais juste fait preuve de courage.

Maintenant, ma cicatrice, je la regarde, je la masse. Au fil des années, elle disparaît pour laisser place à un beau sourire en bas de mon ventre.


Pour aller plus loin:

  • Holistia est plateforme suisse pour améliorer son bien-être.La fondatrice ayant elle-même mal vécu son post-partum, a écrit un ebook que vous pouvez lire et téléchargé gratuitement en cliquant ici .
  • Si jamais vous avez envie , voici une liste des phrases qui font du bien.
  • Un site qui m’a énormément aidé dans mon cheminement http://www.cesarine.org/

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24 thoughts on “La césarienne”

  • Magnifique! Ce sentiment de ventre vide et de solitude, on peut aussi le vivre lors d’un accouchement voie basse…notamment lorsque l’enfant est en souffrance à la naissance. Alors oui on a senti le corps de son bébé sortir (et moi je trouve cela magique) mais le fait de ne pas avoir son enfant sur soi immédiatement et que tout le monde s’agite autour de lui laisse place à l’angoisse, au sentiment qu’on nous a volé l’instant de la rencontre.

  • Coucou ! Suite à ton passage sur mon blog, je suis allée faire un tour sur le tien et je suis tombée sur cet article… il m’a énormément touchée, merci d’avoir partagé ton expérience avec nous. Concernant l’accouchement, c’est quelque chose qui me fait extrêmement peur. Je lis beaucoup de témoignages où l’accouchement se passe bien, ou encore où c’est une expérience horrible. Puis il y a la dépression post-partum. Puis j’ai pas envie de ne plus retrouver mon corps d’avant. Il y a beaucoup d’aspects négatifs quand même, lorsqu’on décide d’avoir un enfant, malgré le fait que tout le monde dise que c’est la plus belle chose qui leur soit arrivée. Je comprends que c’est beau d’avoir un enfant, un mini soi, mais… à quel prix ? Bref, j’ai de moins en moins envie de devenir maman un jour, et pourtant je travaille avec les enfants, j’aime les enfants… Aaaah je ne sais plus quoi penser 🙁

    • Oh merci pour ton commentaire et d’être passé me voir sur le blog;-) Et oh tu as lu l’article le plus « dur ». Je comprends tes appréhensions et oui il y a pas mal d’aspects négatifs et de sacrifices, c’est vrai. Il ne faut pas se leurrer mais cela va paraître bateau, il y a aussi beaucoup de positif et heureusement. L’amour pour ce petit être qui est le tien, n’a pas d’égal. Quand il te regarde et te dise je t’aime avec leur yeux, leur câlins , leur bisous et plus tard leur mot. Cela répare tout. Vraiment. Mes enfants m’ont permis de grandir et chaque jour il me demande un travail sur moi et sur les autres. Sans eux je n’aurais pas ce recul, ni cette empathie envers les autres, ni eut l’envie d’écrire. Je pense que comme pour toutes les choses importantes dans la vie , se lancer dans un projet, partir vivre à l’étranger, faire des enfants, etc il ne faut pas trop y réfléchir car sinon ce n’est jamais le bon moment ou il y a toujours quelques chose qui nous en dissuadera. Maintenant ce choix est personnel. Tellement personnel. Je te comprends. Et en plus tu fais un travail tellement important. Bon cheminement.

  • C’est ma nièce qui m’a envoyé le lien de ton article sur la bienveillance m’a fait hurler et du coup j’ai lu plusieurs de tes posts. Je suis comme une andouille à pleurer en t’écrivant tellement tes mots m’ont émues. Pour mon premier j’avais 21 ans et j’imaginais qu’on allait me cocoler le jour J. Comme tu dis 0 empathie avec mon mari on s’est senti super seul, comme toi j’ai vomi et eu des nausées tout le temps du travail alors que j’avais passé une grossesse de rêve, on a mis 10 ans à faire le 2eme et il m’a fallu des années pour passer outre cette déception. Pour la 2eme j’ai eu la chance d’entendre les paroles d’une sage femme géniale et que je remercierai toujours :  » soyez actrice de votre accouchement et ne laissez personne vous dire que c’est mieux d’accoucher comme ci alors que vous vous sentez que c’est mieux comme ça  » ( hormis césarienne d’urgence évidemment ) et pareil pour l’allaitement  » faites vous confiance et persévérez  » ces mots m’ont permis d’allaiter ma fille durant une Année  » ces mots je voudrais que toutes les femmes enceintes les entendent parce que le personnel médical peut faire tellement de dégâts.
    Pour H je m’étais préparée à l’éventualité d’une césarienne car en siège ( Mais mon Gyneco m’avait dit que ça pouvait passer au vu de ma radio du bassin ) et par chance je suis arrivée à la maternité à 8 et j’ai accouché sans péridurale non sans me faire engueuler par la Gyneco de garde parce que je n’étais pas venue plus tôt . La même nuit un autre bébé en siège est né par césarienne .Je remercie Dieu d’avoir pu accoucher comme ça. Et pour la dernière j’ai accouché sans péridurale mais avec des contractions de dingue car accouchement déclenché ( J’ai eu droit à : oh Madame vous exagérez c’est votre 3 eme) sauf que en 1 heure je suis passée de 0 à Bébé est là , comme N ne faisait que 1,990kg On a passé 2 semaines en néonat et je le ai vues les Bébés arrivés sans leur maman parce qu’elles étaient en salle de réveil et j’ai vu la douleur de ces mamans plusieurs jours encore après, alors meme si je ne peux pas ressentir ce que c’est d’avoir eu une césarienne je peux témoigner que non ce n’est pas rien une césarienne et certainement loin d’être plus facile qu’un accouchement par voie basse et que celles qui choisissent par confort ( je ne vois absolument pas lequel à part peut être choisir la date ) ne savent vraiment pas ce qui les attend. Je me Réjouis que tu aies pu accoucher par voie basse et que surtout tu n’aies Plus ce sentiment de ne pas avoir accoucher à cause de tes césariennes. Je te serre sur mon cœur. Désolée de la longueur du commentaire 🙂

    • Hélène merci pour ton commentaire qui me touche.Merci de partager un peu de toi ici. Quel parcours et courage! Heureusement que tu as croisé cette sage femme géniale . J’aurais aimé en croiser plus des comme celles-là 😉 … Je te souhaite le meilleur pour la suite et je remercie ta nièce d’avoir parler de mon blog 😉 . J’aime lire les commentaires qu’ils soient bref ou long. Merci.

  • Je découvre ton blog et apres ton article sur le bonheur je tombe sur celui la… qui me parle forcément. Car clairement non seulement je n’arrive pas à dire que j’ai accouché mais qui plus est c’est une étape douloureuse. Physiquement car la péridurale a été très douloureuse, parce que la cicatrice me faisait mal des la salle de reveil, parce que ces spasmes dont tu parles si bien m’ont fait perdre le contrôle de mon corps pendant 6 bonnes heures.
    Mais surtout moralement parce qu’à peine Le visage de mes fils découverts on me les a arrachés. Le papa les a suivis et je me suis retrouvée seule. À prier pour qu’ils aillent bien. À bouger dans tous les sens pendant les 45 minutes de couture. À m’accrocher au fait que j’allais les retrouver en salle de reveil pour finalement entendre en sortant du bloc : « désolé madame, on les emmène ils doivent aller en neonat’. J’ai rencontré mon aîné 12h plus tard, son frère 26h apres… car malgré tous mes efforts je n’ai réussi à me lever que dans la nuit et le benjamin était sous incent flow, on ne pouvait pas me l’apporter dans ma chambre.
    D’ailleurs dans l’après midi, apres plusieurs malaises vagaux qui m’empêchaient de me lever, la sf m’a dit avec énervement « si vous n’avez pas envie de faire d’effort pour voir vos fils ».
    Non je n’ai pas accouché. Je me suis retrouvée le ventre vide, les bras vides et les yeux plein de larmes. Mais heureusement, ils vont bien ❤️

    • Quel courage tu as fais preuve pour ne pas craquer et rester forte ! Quel récit… Merci pour le partage.A côté mon histoire semble complètement insignifiante. Je te tire mon chapeau pour tout ce que tu as enduré … J’espère que le temps te permettra un jour de dire que oui tu as accouché. Merci pour ton commentaire.

  • Merci oui de me faire prendre conscience de ce que peut être un accouchement par césarienne. Je suis très émue de découvrir cette dureté, pour toi et celles qui ont commentées dessous… Peut-être pcq je n’y avais jamais vraiment réfléchi. Pour mon aînée, super maternité et super équipe, j’ai été vraiment bien accompagnée. Pour mon second bb, tout petit tout petit au creux de moi, j’espère que ce sera de même.
    Plein de bises à toutes, c’est vous les wonder woman.

  • Bonjour, j’ai aussi beaucoup aime votre article, cependant, comme beaucoup d’articles sur la cesarienne, il me donne l’impression de vouloir montrer qu’une cesarienne ce n’est jamais un choix de confort, que c’est un accouchement tres dur, souvent en urgence etc…Et bien, je voulais juste dire que le choix de la cesarienne de confort cela existe vraiment. Lorsque j’entendais le fameux commentaire « elle a choisi la facilite, de faire une cesarienne » (et je l’ai entendu meme de la part de personnes de ma famille), je repondais « parfaitement, pourquoi les femmes ne pourraient pas choisir un accouchement qui leur semblerait moins traumatisant, moins douloureux si elles le desirent? pourquoi il faut qu’elles poussent, souffrent et accouchent par voie basse si elles ne le veulent tout simplement pas? Des que je suis tombee enceinte, j’ai su que je voulais une cesarienne. Je ne me voyais pas du tout accoucher par voie basse. Je voulais une date, un acte chirurgical. Et je peux vous dire que j’ai adore mon accouchement. Pour la date prevue, ma petite est arrivee 3 semaines plus tot, donc la c’etait foutu. Mais des que j’ai perdu les eaux, je suis allee a l’hopital et je leur ai dit d’appeler mon medecin, qu’on s’etait mis d’accord pour une cesarienne (les infirmieres m’ont regarde bizarrement, car le bebe se presentait bien). Mon medecin est arrive, salle d’operation, peridurale (super bien passee), en 10 minutes ma puce etait sur moi. Puis 20 minutes plus tard j’etais recousue, en salle de recuperation avec ma petite. Je ne sais pas si c’est different d’un pays a l’autre ou d’un hopital a l’autre, mais j’etais pas nue, je n’avais pas les bras en croix attaches (quelle horreure), nous avions parle de la procedure avec le medecin, j’etais en confiance, je faisais des blagues avec mon ami et le chirurgien (par contre, c’est vrai qu’il fait froid). Je n’ai jamais perdu de vue mon bebe (la chance qu’elle se portait tres bien evidemment). Je marchais et etait debout 6 heures apres. J’etais a la maison 3 jours apres…pas de probleme avec la cicatrice, j’ai bien pu m’occuper de la petite. Bref, tout bien. Comme tout accouchement qu’il soit par voie basse, avec ou sans peridurale, a la maison, a l’hopital, avec sage femme ou doula, la cesarienne est aussi un choix que la femme a. Et comme tout accouchement, parfois cela ne se passe pas comme prevu. J’ai eu de la chance de vivre ce que je voulais pour la naissance de ma fille, j’ai conscience que cela n’est pas garanti mais c’est pareil pour tout accouchement. Quant a l’idee qu’une cesarienne est plus dangereuse pour la maman et le bebe, cela fait longtemps que ce n’est plus le cas. Alors, il y a les articles sur le fait que pour les voies respiratoires, il faut que le bebe passe par voie basse etc….oui bon, ben on peut pas tout bien faire hein…elle a l’air de bien respirer ma fille. Voila. Desolee pour le manque d’accent et les fautes..clavier americain….

  • Je pleure… 3 accouchements, 1 voie basse, 1 césarienne en urgence (tellement les mêmes sentiments que tu décris si bien) êt une césarienne programmée la veille au lendemain parce que j’ai eu peur de tenter sans péridurale… Merci pour ces emotions

  • Le 21 décembre : c’est naze parce que c’est trop près de Noël (il va nous maudire à chaque anniversaire !) et c’est méga naze parce que c’est la date d’anniversaire de ma belle mère (no comment !) !!
    ;-p

  • Il n’y a que sur internet avec des témoignages tels que les vôtres que j’arrive un tant soit peu à digérer ma peine…
    J’ai « accouché » (je ne sais jamais si on parle d' »accouchement » pour une césarienne, pas vous ?) il y a un peu moins de 6 mois, et j’ai toujours la gorge serrée rien que d’y repenser.

    Premier enfant, première grossesse, une super grossesse d’ailleurs : pas de symptôme désagréable, certes beaucoup de contractions à partir du 7ème mois, mais dans l’ensemble RAS.
    A 40 SA + 3 (comme on dit..) je perds les eaux dans notre lit, à 6h00 pétantes.
    On part tranquillement à la maternité, heureux comme des gosses. Dilatée à 2 cm en arrivant à la maternité à 8h00.
    Les contractions démarrent vers 10h, deviennent douloureuses à partir de midi, et franchement difficilement supportables à partir de 14h30-15h00.
    Pour autant, ça va « vite », à 16h30 je suis déjà à 6cm, pour un premier, c’est super me dit-on, on vous passe en salle de naissance.
    Tout le long de ma grossesse j’étais hésitante sur la péridurale. je voulais voir ce que ça faisait, en ne me fermant toutefois aucune porte. Du coup les sages femmes m’accompagnent…à moitié. Puisque je ne suis ni de celles qui refusent la péridurale par principe, ni de celles qui la réclament dès que possible. J’ai le c** entre deux chaises (façon de parler, clairement!), et du coup elles aussi.
    A 17h00, on m’explique que le seul anesthésiste de l’hôpital va partir en intervention, donc que c’est maintenant ou jamais pour la péridurale. J’hésite. ou plutôt, je n’arrive plus à réfléchir, tellement la douleur est forte. à 17h30 on m’examine, je suis toujours à 6 cm, et il faut se décider MAINTENANT pour la péridurale.
    J’ai alors l’impression que je « stagne » (ce qui était relatif finalement), et cède pour la péridurale.
    L’anesthésiste arrive assez rapidement, me la pose (ça prend beaucoup de temps – de mon point de vue!). Pas facile de ne pas bouger quand les contractions sont si fortes et si rapprochées.
    Une fois posée, on me re-examine : je suis à 8 cm !
    Difficile dans ces conditions d’être contente, car elle ne fait pas encore effet, mais dans un coin de ma tête j’arrive quand même à me dire qu’à 8 cm, on a fait le plus gros, il n’y a plus qu’à attendre que la péridurale fasse effet !
    Et là tout bascule, d’un coup d’un seul la sage femme appelle la gynéco, qui arrive dans la seconde, on m’explique que le cœur du bébé vient de ralentir brutalement. Pas le temps de dire ouf, que je l’entends décrocher téléphone et dire à je ne sais qui « on arrive – césarienne – code rouge ».
    Et moi, je m’effondre, malgré la douleur, eh oui, la péridurale ne fait toujours pas effet. Mon conjoint m’embrasse et me quitte alors que je suis en pleurs, on arrive au bloc, je continue de pleurer, évidemment plus personne ne s’occupe de moi, mais uniquement de mon ventre.
    Et là, bien sûr, puisque la péridurale ne fait pas encore effet, anesthésie générale.
    Le pire scenario en somme.
    On m’endort pendant que je pleure de ne pas vivre la naissance de mon bébé. Même pas le temps d’être inquiète pour lui, pour moi, j’ai à ce moment là une entière confiance dans l’équipe médicale.

    Mon bébé nait à 18h45, parait il.
    Evidemment il a eu du mal à supporter ma propre anesthésie, du coup ventilation pendant 14 minutes, parait il, avant qu’il arrive à respirer par lui même.
    Tout ça, je l’apprends en salle de réveil. Il est 20h.
    Mon conjoint est passé me donner des nouvelles, me montrer quelques photos. A cause de sa détresse respiratoire il est en service de néonatologie.

    J’arrive à amadouer (car je me suis réveillée en continuant de pleurer bien sûr) une sage femme, qui me « promet » qu’à 22h30 je pourrais aller le voir si je suis sen état.
    à 22h30, j’arrive à descendre de mon lit, je me vide de mon sang. « remontez sur le lit madame c’est pas grave on va nettoyer ». J’insiste pour y retourner. J’arrive finalement à descendre de mon lit et à m’installer sur un fauteuil roulant.
    J’arrive enfin en néonat, mon tout petit est branché de tous les côtés, est sous respirateur, et pleure. Il pleure sans s’arrêter, et moi avec. On lui enlève finalement le respirateur, et j’ai le droit de le prendre sur moi. Il continue de pleurer. Il n’aura jamais autant pleuré que cette nuit là. Comme moi d’ailleurs. On quitte la néonat à 3h du matin, mon conjoint est obligé de rentrer chez nous (eh oui, j’ai une chambre double en attendant ma chambre simple, lil n’y a personne avec moi dans la chambre, mais c’est la règle, pas de conjoint en chambre double. passons…).
    Je finis la nuit seule. désespérément seule. Le plus beau jour de votre vie qu’ils disaient…

    On a finalement passé une semaine à la maternité (dont 6 jours en néonat, car une grosse jaunisse a suivi).
    Alors oui, tout le monde vous dit « l’essentiel c’est que maintenant il aille bien ». Oui, c’est vrai. Mais la douleur reste immense.

    Je n’ai pas pu m’empercher de faire le lien avec la péridurale, puisque que cette chute du rythme cardiaque est survenue juste après. La gynéco m’a par la suite assuré que non, que c’était la faute à un cordon ombilical trop fin…la faute à pas de chance. Je vais tâcher de la croire.

    Si seconde grossesse il doit y avoir (et il parait que je n’ai aucune contre indication à la voie base pour un second), je pense que je demanderai la péridurale dès que possible. Pour autant avec le recul je me pense capable de mener un accouchement jusqu’à son terme par voie basse sans péri. A condition d’être « coachée » en ce sens par les sages femmes. Mais je prendrais pour autant la péridurale car je ne reprendrais jamais le risque d’une césarienne sous anesthésie générale, car c’était vraiment ça le pire. Alors au moins, avec une péridurale, si césarienne il doit y avoir, je serai LA pour la naissance de mon bébé, et il n’aura pas à subir les conséquences d’une anesthésie générale…

    En commençant à écrire ce commentaire, je ne pensais pas raconter mon accouchement. alors désolé pour les longueurs, mais je crois que ça m’a fait du bien de poser ça par écrit.
    Car 6 mois plus tard, avec un bébé en pleine forme, plus personne dans l’entourage n’a envie d’entendre à nouveau parler de cet accouchement catastrophique…puisque « l’essentiel c’est qu’il aille bien, non ? »

  • ❤️ Merci pour ce magnifique témoignage que je pourrais avoir écrit après la naissance de mon premier enfant…
    3 bébés, 3 césariennes.
    Qu’elles aient été faites dans l’urgence (1 et 2) ou programmées à contre cœur (3), elles ont toutes été plus douloureuses les unes que les autres. Et je dirais même que la 3e (et pourtant je m’étais fait une raison) a été la pire. On ne peut pas se préparer à une telle horreur.
    Heureusement le temps m’a permis de faire mon chemin et aujourd’hui, alors que mon bébé a 13 mois, j’ai accepté d’avoir donné la vie de cette manière et d’en porter à jamais les marques. Je me suis bien retrouvée dans mon corps. D’ailleurs j’allaite encore mon fils et à quelle part, c’est presque une petite revanche sur ces naissances à l’opposé de ce que je m’étais imaginé.

Un petit commentaire, ça fait toujours plaisir ...


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