A bas les stéréotypes

« Arrête de pleurer, un garçon ça pleure pas ». « Il a un pull rose, c’est une femmelette! » « Arrête de jouer aux voitures, joues à la poupée. » Le foot, c’est un sport pour les mecs » « Les filles, elles sont nulles en math et elles n’ont aucun sens d’orientation » « T’es qu’une fille, tu ne sais pas te battre! »  « Mon fils ne jouera jamais à la poupée. « 

Ce genre de phrases m’ont toujours viscéralement énervé. D’abord parce que je sais lire une carte et que je suis assez bonne en orientation et puis oui j’ai un petit côté féministe. Déjà toute petite, je disais à mon papa,  » moi, mon amoureux il fera à manger  et le ménage pendant que je travaillerai ».  Il m’observait avec de grands yeux inquiets et me prenait pour un ovni et me répondait  » tu finiras vieille fille! ».

L’autre jour, en rentrant de l’école un de mes garçons m’a raconté que lors d’un exercice il devait relier des sports à une fille ou à un garçon mais que lui il s’y était opposé car il considérait cette question inutile. #mamanfière. J’étais à la fois hyper heureuse de la réaction de mon fils et à la fois, très surprise par ce type d’exercice. Cela prouve malheureusement qu’il y a encore du travail à faire et que pour aller de l’avant il faut agir maintenant dans chaque famille.

Alors quoi de mieux que de commencer à les anéantir dès la plus tendre enfance. Qui de mieux placé, nous les parents pour prendre le taureau par les cornes. Je te livre donc un article avec des conseils lecture pour vaincre ce fléau.

Pourquoi combattre les stéréotypes ?

Parce qu’ils sont partout et qu’ils programment nos enfants depuis leur naissance. On commence déjà lorsque nous sommes enceinte, à dire que si le ventre pointe en avant, ou que si le bébé donne beaucoup de coup de pied, c’est que c’est sûrement un petit gars. Ensuite, les filles et les garçons grandissent avec des schémas très sexués comme « une petite fille ne se tient pas comme ça » ou  » Un garçon ça ne pleure pas ». Des choses à priori anodines mais qui cumulées avec la société de consommation comme, les types de jouets ou les livres,  en font de parfaits futurs adultes convaincus de certaines caricatures. Donc à bas les stéréotypes, pour que demain, nos garçons et nos filles trouvent naturelle de faire carrière,  de tenir un ménage, de s’occuper de leurs enfants, de rester à la maison si leur conjoint veut travailler, de pleurer, de parler de leurs émotions sans que pour autant cela remette en question leur virilité, de conduire des camions, d’avoir la même salaire et ceux indépendamment de leur sexe. Bref, qu’ils fassent ce qu’ils veulent. La vie est déjà bien assez compliquée sans qu’on y ajoute encore un paramètre de genre.

Et vous pouvez commencer dès demain car il est conseillé dès l’enfance de montrer qu’il n’y pas de couleur, de métiers, de jeux ou de comportement de filles ou de garçons.

C’est quoi un stéréotype ?

C’est de croire que certaines aptitudes ou certains traits de personnalité sont spécifiques aux garçons d’une part et aux filles d’autre part.  Avec comme idée que parce qu’on naît avec un sexe féminin ont soit plus aptes à assurer certains rôles de la société. Par exemple, que

 » Les femmes seraient naturellement multitâches, sensibles, empathiques mais incapables de lire une carte routière, tandis que les hommes seraient bons en maths, un peu bagarreurs et attirés par la compétition », énumère Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherches honoraire à l’Institut Pasteur.

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Comment les combattre?

En sensibilisant nos enfants à cette cause et en les traitant de manière égale. Comme vous le savez, chez nous,  les hommes sont en majorité. Ce n’est pas pour autant que les chambres ont été peintes en bleu et que celle de notre fille en rose. Elles sont restées blanches. Ce n’est par pour autant que Louise et moi sommes tous les jours aux fourneaux pendant qu’eux sirotent tranquillement une boisson sur la terrasse ou le canapé. Tous les hommes de cette famille font de la cuisine et de la couture pendant que les femmes bricolent, font des trous ou fixe une étagère. Nos enfants se sont tous déguisés en princesse et maquillés. Ils jouent tous au football et ont tous un équipement. Ils se mettent tous en colère et ont tous peur. Les garçons ont le droit de pleurer et doivent aider aux tâches ménagères. Bref vous avez compris, on prône l’égalité autant dans les tâches que dans les émotions.

Partout, il faut semer des graines.

« Même si cela peut paraître répétitif, il faut dénoncer et dénoncer encore ces stéréotypes, car non seulement l’on n’est pas encore dans une société égalitaire, mais le retour en arrière peut aller très vite. Et ce travail de changement des mentalités doit démarrer dès la petite enfance, car il difficile d’intervenir après ». Christine Détrez, Les femmes peuvent-elles être de Grands Hommes?, Belin, 2016.

Semer des graines avec des livres.

Pour vous aider, je vous ai listé ci-dessous une partie de nos livres mais en trouverez plus la page lecture.

La palme du préféré revient à  « Nous les hommes » de  Christian Voltz. Une histoire criante de vérité ou trois hommes sur quatre, doivent rentrer pour les corvées ménagères alors que le 4ème les traitent de femmelettes et à « Quand Lulu sera grande ».  Lulu imagine sa vie quand elle sera grande comme jouer au foot, embrasser un garçon, conduire un camion et avoir les cheveux très-très-très long parce que c’est beau.

« Vive la danse » est aussi beaucoup apprécié par Louise et Jules. C’est l’histoire d’un petit garçon qui est tombé fou amoureux de la danse au grand dam de ses parents qui ont peur de ce que les gens penseront…Une histoire qui nous montre à quel point il est important et essentiel de s’affranchir du regard des autres pour être qui nous avons envie d’être.

Pour les plus grands, il y a « ces femmes qui changent le monde » . Très inspirant.

Bref, nous adorons lire ces histoires et je pense que cela peut être d’excellentes idées de cadeaux qui peuvent parfois faire passer un message.

Restons modérés

Bien entendu, je ne vous incite pas non plus à partir dans des extrêmes. Il faut savoir que malgré mon discours et le fait que les jeux ne soient pas attribué à des genres, les garçons adorent le bleu et jouent malgré tout plus aux voiture et ma fille adore le rose et joue spontanément plus à la poupée. Cependant, même si nos enfants grandissent dans une société au discours stéréotypé, j’essaie de les rendre critique face à ce qu’ils entendent et surtout à rester eux-mêmes.

Et toi que penses-tu des stéréotypes? As-tu des livres à me recommander?


Je te liste aussi, ci-dessous, ceux que nous commanderons à la prochaine occasion.

Pour les plus grands

 

Voici quelques liens des livres dont je vous parle dans cet article. Vous en retrouverez d’autres dans la page dédiée spécialement aux livres.

 


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26 thoughts on “A bas les stéréotypes”

  • Mon fils de 9 ans à toujours aimé le rose. C’est sa couleur préférée et il le dit. A07 ans, il voulait des Converses comme maman mais en rose…. pas de problème, il a eu des converse qu’il assortait avec un jeans ou un. Ermuda blanc et son polo rose👚qu’il aimait tant. On s’est moqué de lui a l’école mais il ne se laissait pas faire, Aux filles, ils disait … et alors, tu portes bien du bleu… moi aussi je peux me moquer. Aux garçons, il disait qu’elles étaient magiques pour marquer pleins de but au pitch de l’école. Ça à duré 2 jours, je me suis dit qu’il ne tiendrait pas et que les chaussures allaient finir au placard… et bien non, les moqueries ont diminué et apres une semaine, plus personne ne lui en parlait. Je suis très fière de mon fils, de sa ténacité qui lui a permis de continuer à porter la couleur qu’il préfère.

  • Haha ça me rappelle ma grand-mère qui me reprenait tout le temps quand je disais des « gros mots », en me disant que « ce n’est pas beau dans la bouche d’une fille ! » (Du coup je me demandais : est-ce que ça veut dire que c’est plus beau dans la bouche d’un garçon ?).
    Je pense que j’ai eu la chance d’avoir des parents « cools », qui ne s’inquiétaient vraiment pas de ce avec quoi je jouais. Je piquais tout le temps les legos de mon frère, ou bien je le regardais jouer aux jeux vidéo avant de moi-même prendre la manette, et ça n’a en rien affecté ma féminité aujourd’hui. Au contraire, je suis contente de pouvoir jouer sur plusieurs palettes. Alors je suis bien heureuse de voir qu’il y a d’autres parents comme toi qui tendent à se sortir de cette éducation « old school » ! 🙂 Bonne journée !

  • Je crois tout comme toi que tout ça passe avant tout par le dialogue. Qu’on le veuille ou non, nos enfants seront confrontés à un monde genré et plein de stéréotypes…Plutôt que de tomber dans l’extrêmisme inverse, j’avoue laisser ma fille tomber parfois allégrement dans les stéréotypes – auxquels elle correspond (chambre rose, princesse, strass et co), mais contrebalancer cela avec un discours sans équivoque – rien n’est ‘pour les filles’ ou ‘pour les garçons’, tout est accessible à tout… Je crois que c’est surtout ce discours là, cette ouverture d’esprit, qui au final restera.

    • Oui tu as amplement raison et je vais essayer d’ajouter un paragraphe dans ce sens. hier soir j’étais un peu faitguée pour continuer à écrire ;-)Merci pour la justesse de ton commentaire

  • Ca me fais penser a dimanche…Hugo est parti avec son Papo et sa Mamy à Payernland…! Je reçois une photo d’Hugo sur une voiture rose, avec comme commentaire « drôle de choix… »
    Quand Hugo est rentrer, je lui ai demandé pourquoi il avait décider de prendre la voiture rose et pas une voiture bleu, jaune ou verte. Et là, du haut de ses tout juste 5ans, il m’a répondu « Mais maman, quel voiture rose ? j’ai pris une voiture ou les yeux tournait en même temps que moi…. » !!!!! Je l’ai juste regardé et je lui ai dis que je l’aimais plus que tout au monde. Les enfants ne naissent pas avec des Stéréotypes encrer dans le cerveau….ils reproduisent exactement ce que leurs parents font d’eux !!!!

    Voila voila. Bonne journée

  • Vaste sujet, mais il faut en parler !
    A 4 ans et demi, mon grand place parfois un « c’est pour les filles », mais adore le rose 🙂
    Sa petite sœur le suit partout, elle ne connaît pas vraiment les jouets de filles !

  • Super sélection!J’adore lire Brindille et marre du rose aux classes que l’on reçoit à la bibliothèque. Je te recommande aussi à Calicochon d’Anthony Browne. Et en petit roman tu as aussi le jour du slip/je porte la culotte d’Anne Percin et Thomas Gornet au Rouergue. Combattre les stéréotypes c’est vraiment un combat de tous les jours et qui concerne tout le monde!

  • Ah ! super ça tombe bien cet article ! j’étais justement en train de me demander s’il existait des livres qui incitent les filles à faire des activités d’hommes, car comme mes deux filles adooorent les histoires de princesse j’en peux plus de le lire « elle espère qu’un prince charmant va la choisir… » « Si elle est jolie, elle sera choisie, … etc !  » Horrible !!!

  • Je vais noter soigneusement ta sélection de livres 😊
    À la maison, on a déjà « les poupées c’est pour les filles » qui parle d’un petit garçon qui adore sa nouvelle poupée 😉

  • Merci pour les idées de lecture! Nous travaillons fort ici aussi pour faire comprendre à nos deux filles qu’elles peuvent faire les mêmes choses que les garçons, qu’elles peuvent aimer autant le rose que le bleu, etc. J’étais bizarrement un peu attristée quand ma fille de 4 ans a commencé à adorer le rose, et puis finalement au bout de quelques mois elle lui a préféré le orange 😉 Côté lecture on a lu Boris Brindamour et la robe orange, la princesse et le poney qui pete… on va lui offrir à Noël Rosie géniale ingénieuse, et Elle a depuis quelques mois un livre pour enfants avec des biographies de femmes célèbres.

  • Ah ces stéréotypes… ça commence tôt ! Chez nous en UAPE on parlait de notre couleur préférée, et j’ai dit bleu et violet. Un garçon (5 ans) m’a dit que vu que « non, toi t’es une fille tu aimes le rose » ! J’ai tout repris avec lui, et à force de répéter à tout le monde (lors de petits problèmes) que rien est pour les garçons et rien est pour les filles, mais que tout est pour tout le monde, on commence à entendre des garçons dire qu’ils aiment le rose. Il y a du progrès !
    Mais je trouve ça fou qu’à l’école on lui a demandé de classer des sports de fille et de garçon ! Il a bien fait de s’y opposer ^^

    • Coucou, non je n’ai pas encore discuté de cet exercice. Je le ferai dès que l’occasion s’y prêtera. 🙂 Merci je vais en ajouter dans la page lecture prochainement car suite aux commentaires et recommandations, j’en ai pris des nouveaux.

  • Ma fille de 4 ans est dans les stéréotypes et ça m’agace !
    Par exemple aujourd’hui elle a vu son pépé avec son alliance du coup elle lui a dit que ce n’était pas les garçons qui portaient des bagues mais les filles.
    Parfois elle ne veut pas mettre de pantalons car les filles doivent porter des collants et des robes pour qu’elles soient jolies !
    J’essaye de lui expliquer que les garçons pouvaient aussi se maquiller ou porter des robes s’ils voulaient et que l’on peut être belle en portant des pantalons (je ne porte que ça)
    Je prends donc note de la liste des livres
    MERCI

    x LiLi x

  • Il y a quelques jours, mon fils (3 ans), à voulu aller à l’école avec sa poussette (rose bien évidemment, puisque, toujours dans les stéréotypes, nous n’avons trouvé que cette couleur)… Arrivée à l’école, un petit garçon voulait jouer avec, mais sa maman lui a rétorqué que c’était pour les filles… Bref, encore une personne de plus que je croise ayant un avis tranché… J’en parle à une autre maman un peu amusé et celle-ci me répond, qu’elle souhaitait offrir à son fils un aspirateur car il monopolisait le sien à la maison et qu’elle n pouvait plus faire le ménage ^^ … Malheureusement son mari s’y est opposé en prétextant que ce n’était que pour les filles. Je crois que c’est aussi difficile de faire prendre conscience des inégalités à nos enfants lorsque dans un couple on n’est pas vraiment d’accord. C’est là que je suis heureuse qu’il ait un père, assez intelligent pour être ouvert d’esprit, contrairement au reste de sa famille et notamment ma belle-mère qui à moyennement apprécié la poussette… Et c’est là que je me dis que les gens sont parfois étroits d’esprit (ou bien serait-ce parce que c’est ma belle-mère) car dans la rue nous voyons aussi des papas pousser leur enfant… Bref c’était mon petit coup de gueule

Un petit commentaire, ça fait toujours plaisir ...


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